Ce que le gel retient
Les mots que je couche sur le papier sont des corps sans sommeil,
voyageurs sans bagages, errant au bord de phrases mal closes,
ils glissent entre les feuillets brunis comme glisse l'abeille
sur la corolle d'une fleur que personne n'a cueillie, à peine éclose.
Le livre dort, sa tranche penchée contre un mur que le lierre ronge,
ses pages gardent l'empreinte froide de ce qui fut dit trop tôt,
des syllabes pétrifiées dans l'encre, pareilles à des songes
que la nuit referme sur eux avant même le premier mot.
Le temps, ce jardinier têtu qui ne se presse jamais,
retourne la terre lourde où dorment les vieilles semences,
il casse les mottes durcies, il fouille les sillons mauvais,
Et ramène à la surface ce que l'oubli tient en souffrance.
Alors les mots remontent, hésitant, pareils aux bulbes blêmes
qui percent le sol gelé sans savoir s'ils trouveront la clarté,
ils portent en eux quelq
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Les mots que je couche sur le papier sont des corps sans sommeil,
voyageurs sans bagages, errant au bord de phrases mal closes,
ils glissent entre les feuillets brunis comme glisse l'abeille
sur la corolle d'une fleur que personne n'a cueillie, à peine éclose.
Le livre dort, sa tranche penchée contre un mur que le lierre ronge,
ses pages gardent l'empreinte froide de ce qui fut dit trop tôt,
des syllabes pétrifiées dans l'encre, pareilles à des songes
que la nuit referme sur eux avant même le premier mot.
Le temps, ce jardinier têtu qui ne se presse jamais,
retourne la terre lourde où dorment les vieilles semences,
il casse les mottes durcies, il fouille les sillons mauvais,
Et ramène à la surface ce que l'oubli tient en souffrance.
Alors les mots remontent, hésitant, pareils aux bulbes blêmes
qui percent le sol gelé sans savoir s'ils trouveront la clarté,
ils portent en eux quelque chose qui ressemble à un baptême,
la promesse brûlante d'une voix rendue à sa vérité.
Didier Guy
#poème #poésie #VersSecrets